[Beltaine] Chronique n°12

Le 1er mai c’était Beltaine. Festival de la fertilité, associé à la lumière, au feu et au soleil. On célèbre Beltaine pour assurer santé et prospérité.
J’ai patienté un peu. J’ai fêté Beltaine avec un peu de retard. J’ai attendu notre week-end en Cornouailles. Un des berceaux de la culture celte. Il n’y avait pas meilleur endroit. Ressentir les énergies toujours bien fortes. Croiser des sorcières venues faire leur rituel. Évacuer les ondes négatives dans une eau gelée.

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Premier matin. Il a plu une bonne partie de la nuit, j’ai mal dormi. Mais dès que la dernière goutte est tombée, j’étais debout. Prête à découvrir ce qui se cachait dans le noir hier soir. Ouvrir Platon et se réveiller avec le bruit des vagues qui se fracassent contre les falaises. Et un beau ciel bleu.
On se met en route. Louis veut me faire découvrir un endroit magique. Enchanté. St Nectans glen. Un lieu où les oiseaux jouent avec les fées et les Piskies. Un lieu où le vent chatouille les feuilles et où les cascades te plongent dans un autre monde. Chant des oiseaux. Chant de l’eau. Pour se couper du monde.
C’est un endroit où l’on vient en pèlerinage. Je m’y suis sentie à ma place. J’ai posé mes pierres. Une à une. Chacune avec une intention particulière. Soit pour remercier, soit pour faire une demande à l’univers. Remercier la nature. Remercier la vie pour le passé. Le laisser partir. Et se concentrer sur le présent. Et pour la première fois, imaginer un avenir.

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Tintagel. Acheter des mugs pour la maison. Se promener sur les traces du Roi Arthur. Se reposer le long du South West Coast Path. Manger la première glace de l’année !

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Deuxième matin. Réveil à St Agnes. Au milieu des champs. Et la mer n’est pas très loin. On la voit, sans l’entendre.
Chapel Porth. Petit coin de paradis. Marcher sur les falaises. Descendre sur la plage. Prendre le temps. Enfiler ma salopette aux couleurs d’été. Retrouver le même rythme qu’à Lisbonne. Se sentir à la maison. Se promener. Rêver d’une maison sur les falaises. Pouvoir se réveiller tous les jours avec le bruit des vagues. Vivre au rythme des marées. Etre un naufragé, sans être perdue. Etre au bon endroit.

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Carn Galver.  Pour prendre le temps. Et profiter du couché de soleil.

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Carn Galver. Dernier matin. Ecouter le silence. Avant que tout le monde ne se réveille. Ecouter les bruits de la nature. Le silence te permet d’entendre ce que tu ne vois pas dans l’agitation. Les bruits de la nature. Les oiseaux qui chantent. Le vent dans les arbres. Sentir l’atmosphère qui se réchauffe au fur et à mesure que le soleil monte dans le ciel. Sentir ce qui se passe dans ton corps.
Reprendre la route après un petit déjeuner parfait. Découvrir un site celte. Sentir mon cœur battre subitement plus fort au milieux des arbres. Et perdre le contrôle de mes jambes. Se sentir flotter le long du sentier. Comme prête à m’envoler. Me sentir happée. Pour découvrir la suite. Une chapelle. Des traces de rituels.
Terminer le week-end à St Michael’s Mount. Profiter des jardins avec vue sur la mer sous un beau ciel bleu.

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Cornouailles. Tu nous reverras.
Meur ras Kernow.

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La vidéo c'est ici

[Cattle Grid*] Chronique n°11

*Parce qu’un mouton n’est jamais seul.
Quand la Belgique vient à toi et que tu embarques pour un week-end de silence. Enfin.. que tu crois embarquer pour un week-end de silence. Tu avais pourtant tout prévu; le livre à lire en prévision. Mais non, une tchafette reste une tchafette 🙂

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Première nuit à l’état sauvage au Dartmoor.
Se réveiller. Partir dans la nature. Au milieu des roches. Avec l’impression d’être loin de la civilisation. Au milieu de cette immensité, se sentir toute petite et se demander comment faisaient les anciens. Comment ils vivaient. Comment ils voyageaient.
Jouer avec la brume et le soleil. Découvrir des bouts du paysage petit à petit. Pour une matinée toute en douceur.

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Traverser la route. Retour à l’âge de bronze. Se perdre au milieu des cairn. Ne pas se sentir trop bien.. Continuer à marcher, continuer à découvrir. Se retrouver au cœur d’une carrière. Surprise inattendue, découvrir un lac en son centre. Une jolie surprise. Ce genre de choses auxquelles tu ne t’attends pas.

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Retraverser la rivière. Et enfin te diriger vers cette pierre qui te fait de l’œil depuis le début. Standing stone. Etre à l’endroit précis où tu dois être. Stone circle. Se sentir à ta place au centre du cercle. En phase.

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dartmoor 5

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Premières gouttes de pluie. S’abriter. Et découvrir un cocon pour un après-midi cosy. Fauteuil cognac. Café. Scone. Feu de bois. Tapis persan. Panier de bûches. Tea time à l’anglaise. Prendre le temps. Katie Melua dans les oreilles. Apaisée. Profiter, bien enfoncée dans mon fauteuil.

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Deuxième réveil. On se prépare. Ce matin, on court. Enfin pour ma part, je tente de courir.. Du coup Yohan m’accompagne. On discute et on prend le soleil. On escalade quelques monts et merveilles de pierres. On prend de la hauteur. Pour mieux redescendre. Petite poussée d’accélération. Se sentir voler. Ça faisait longtemps.
Prendre le temps. Se laver. Préparer à manger. Discuter. Se sentir bien et traîner là un peu. Purifier mes pierres à la rivière.

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Reprendre la route. Pour une destination pleine de promesse. Au delà de mes espérances. En chemin, préparer mon esprit pour cette rencontre.
Arriver à destination. Energie soudaine. Mélange d’excitation, de joie, de soulagement. Cœur qui palpite. Grand sourire aux lèvres. Hilarité. Nervosité.
Poser Platon 300 mètres plus loin. Dormir dans un lieu chargé d’histoire. De mystères. D’énergies. Dormir à côté d’un diseur de bonne aventure. Fortune teller. Laisser mes pierres, purifiées plus tôt dans la rivière, recharger à la lueur de la lune.
Se lever tôt. Partir se promener sur la plaine. En gardant toujours notre objectif en vue. Tourner autour, sans s’approcher d’abord. Garder ça pour plus tard. Se rapprocher. Vouloir se rapprocher encore. Toucher la pierre. Aller au centre du cercle. Observer. Ressentir. Tenter de percer le mystère. Essayer d’imaginer comment ça pourrait nous servir dans notre monde actuel. Avec nos réalités.
J’ai découvert Stonehenge.
Et depuis mon GPS déconne. Il devait y avoir un sacré champs magnétique là-bas.

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[Ostara] Chronique n°10

Récupérer ta plus vieille amie à l’aéroport un jeudi de mars.
Il est tard. On se retrouve. Enfin. Je lui montre une photo. On discute. Le week-end peut commencer. Ça va être un bon week-end.
En route pour le Pays de Galles. Il répond à toutes ses promesses. Encore et toujours. Pembrokeshire National Park. Retour à la mer pour célébrer Ostara. Tous les éléments sont là. Les falaises. Les rochers. Le vent. Le sable. L’air salé de la mer. Ecouter le bruit des vagues. Juste comme ça. La nature. De l’amour à s’en faire péter la panse.
Ou c’est la bouffe qui fait gonfler mon bidou ?

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S’endormir avec le clapotis des vagues. Se réveiller avec le soleil qui tente une percée à travers les nuages. Partir se perdre dans la campagne anglaise. A la recherche d’une montagne qui n’en est pas une. Profiter du soleil.
Célébrer la nature. Fêter Ostara. Remercier la terre. Méditer face au vent. Confortablement assise sur une pierre. Et sentir tous les éléments. Se ressourcer. Gratitude.

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Dodo sauvage. Au milieu des montagnes. Dans mon élément. Brecon Beacons.
5h30. Se lever en même temps que le soleil. Profiter des premières lueurs du jour. Seule, quand tout le monde dort encore. Voir la ligne d’horizon devenir orange. Etre le témoin d’une grande bataille. Le soleil veut briller. La lune n’a pas fini son spectacle. 7h. Le soleil a gagné. Il réchauffe l’intérieur de Platon. Chacun son tour. Chacun sa place. Ça va être une belle journée. C’est dimanche. Maude reprend son avion ce soir.
Profiter d’une dernière journée sous le soleil. Entourées des montagnes. Vues sur le lac. Et le vent qui fouette nos visages. Et fait pleurer nos yeux. Journée bonheur. Journée nostalgie. Ça passe toujours trop vite.

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Merci Maude pour ce beau week-end. Cette belle histoire. Complicité.

T’as jamais peur ?

Combien de fois n’ai-je entendu cette question ! Et ses variantes ; « tu fermes à clé au moins la nuit ? », « tu n’as jamais eu de problèmes ? ». Et la meilleure « Tu es tellement courageuse ! ». Je ne suis pas courageuse, je suis une fille qui veut vivre ses rêves. Dans l’imaginaire collectif, une fille qui voyage seule, c’est extraordinaire ! Je ne pense pas être extraordinaire. J’avais simplement cette petite voix qui ne se taisait pas ; avoir une maison à quatre roues et partir sur les routes. M’évader au rythme des grands espaces verts que je trouverais sur mon chemin. Faire le plein d’air frais, loin des villes et leur pollution. Loin du stress.
Après plusieurs faux départs, je suis finalement partie un mercredi de septembre. Destination ? Le Nord, la Scandinavie et ses grands espaces. Durée ? Indéterminée. Moyen ? Celui qui deviendra mon plus fidèle compagnon, Platon. Et mes pieds, qui m’emmènent là où la civilisation s’arrête, là où la terre est plus forte que le goudron.
Ce soir, je me replonge dans mes souvenirs… Vous me suivez ? On se retrouve au sommet ?

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Trolltunga, Odda, Norvège.
Départ à 7h30 un matin d’automne. Le jour se lève, quelques nuages parsèment le ciel, rien d’inquiétant. J’enfile mes chaussures  de marche, c’est parti ! En prendre plein la vue. Les premières neiges au sommet. Du bleu. Du gris. Du vert. De l’orange. Du brun. Des couleurs d’automne. Un bleu indéfinissable. Ni bleu ciel. Ni comme la mer. Ni comme la nuit. Un bleu glacier. Pur. Alterner les paysages. Une forêt aux verts foncés. Des plaines aux couleurs rougeoyantes. Et puis soudain, on croit rêver, paysage lunaire et lacs glacés. Et retrouver la roche de haute montagne, là où tout le reste a disparu.

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Abisko, Laponie suédoise, Suède
J’ai passé le cercle polaire un certain jeudi de septembre. La Laponie me tendait les bras. Abisko. Un des temps fort de mon voyage. Promenade matinale. Le sentier du Paddus. Seule dans les montagnes par une belle matinée après une nuit polaire et enneigée. Lac Tornetrask. Un des plus grands de Laponie. Dehors dès les premières lumières du jour. J’ai vu le soleil se lever. Les nuages se dissiper. Le ciel bleu se montrer. Sentir le soleil qui me chatouille le visage. Comme un dimanche d’automne. Ensoleillé. Un peu froid. Mais agréable. Un endroit féerique. Reposant. On entend le bruit du vent dans les arbres nus. Les oiseaux. Et l’eau qui coule.
Abisko. Un monde enchanté. Un monde de fées et de créatures sauvages. Un monde où je suis à ma place.

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Inari, Laponie finlandaise, Finlande
Inari. Chez les Sami. Premiers pas sous la neige. Le sentier Tuulijarvi. Au coucher du soleil. Des couleurs reposantes. Une lumière indéfinissable. Je suis seule. C’est féerique. J’accueille ce nouvel endroit. Les couleurs et la lumière déclinante me plongent dans un état second. Je suis entre l’éveil et le rêve. Je perds toute notion du temps. Ce sont mes yeux qui clignent pour s’habituer à l’obscurité que me feront prendre conscience qu’il est temps de rentrer. Temps suspendu.

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Et puis un jour au détour d’une route, au cœur du Parc National de Koli. Un coup au cœur. Un coup de fouet, un tournant dans mon voyage. Trois jours de bonheur. Émotions. Moments partagés. Je réalise ici que je fais un voyage. Pas seulement à travers la Scandinavie. Je fais un voyage jusqu’à moi. Je me (re)trouve. Je ressens. Je remercie la vie.
Je réalise aussi que voyager seule me permet de rencontrer de belles personnes. Laisser la porte ouverte aux découvertes, aux rencontres inattendues. Aux petites surprises de la vie. Voyager seule me fait me sentir libre. Libre de faire ce que je veux, ce dont j’ai besoin au moment où j’en ai besoin. Et la liberté, ça n’a pas de prix à mes yeux !
Alors, non je n’ai pas peur. Et si parfois j’ai ce petit pincement dans la cage thoracique, je saute. Je prends le risque de tomber. Parce qu’il y a bien plus de chance que je vole ! Je prends le risque de vivre mes rêves. Pour qu’ils se transforment en aventure, en souvenirs. Je gravis des montagnes. Je marche pendant des heures. Je respire l’air frais. Je rencontre des personnes merveilleuses. Je découvre qu’on peut aimer. Je repousse mes limites. J’ai des frissons. Je ris. Je pleure. Je prends le temps. Je profite de la splendeur de chaque matin. J’explore. Je vis.

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« Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns.»
Jacques Brel. 

[Origines] Chronique n°9

Intention particulière.
Il y a quelques mois, j’ai commencé à chercher. J’ai cherché d’où je venais. Ce que mon nom signifiait. J’ai cherché à quoi je pouvais croire. Ce à quoi je croyais. Ce à quoi je voulais croire. Je cherchais qui j’étais.
Quand vous passez toute une partie de votre vie à vous demander quel est votre problème, vous arrivez à ce point où il faut faire quelque chose. Je ne comprenais pas pourquoi je ne voulais pas les mêmes choses que les autres. Pourquoi je n’arrivais pas à me poser. Pourquoi j’avais peur. Pourquoi je faisais deux pas en avant, pour en refaire un en arrière. Pourquoi je n’étais jamais sûre. Je savais ce que je ne voulais pas. Je ne savais pas ce que je voulais. Je ne savais pas pourquoi. Des sorcières des temps modernes, sensibles, m’ont aidé dans différentes étapes. M’ont guidé. Certaines le font toujours. Ensemble on découvre et on se découvre.
Parmi les choses que j’ai découvertes, j’ai appris que mon prénom était celte. J’ai découvert qui étaient les celtes. Ce en quoi ils croyaient. Comment ils vivaient. Proche de la nature. En la respectant.

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Je crois que c’est pour ça que je suis ici. Depuis que j’ai déménagé en Angleterre, je me demande ce que je fous là. Peut-être que je commence à comprendre. Peut-être que je suis les traces de mes origines. De façon un peu brouillonne… A ma façon. Sans trop bien savoir.
Gael était le nom de peuples celtes établis en Irlande et en Ecosse. Et depuis que je suis ici, je visite des sites et j’y ressens des choses différentes. Ce n’est pas seulement la joie de découvrir quelque chose de nouveau. Ou de me sentir à ma place au sommet d’une montagne. C’est plus que ça. Comme une énergie différente que je ne peux pas encore expliquer. Les noms imprononçables de lieux en Ecosse ou au Pays de Galles. Le cœur qui palpite un peu plus fort quand je découvre un fait nouveau sur ces peuples. Le sourire qui se dessine sur mon visage quand je joue à un vieux jeu traditionnel. Le besoin de toucher. La terre. Les pierres. Les arbres.
Ce besoin de plus en plus important d’être reliée à quelque chose. Découvrir la mythologie celtique. Me sentir en phase avec leurs croyances pagan. Me réjouir du prochain équinox, de la prochaine nouvelle lune et ses énergies.

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De fil en aiguille, re-découvrir les Vikings, chez qui j’ai déjà fait un petit tour il y a déjà un peu plus de deux ans.. Un autre peuple pagan. Plusieurs Dieux. L’importance de la nature. Encore et toujours la nature qui se rappelle à moi.
Un des premiers foyers viking en Angleterre fut York. Du coup depuis que je suis ici, j’ai envie de découvrir cet endroit. Parmi tant d’autres.
J’ai profité d’une semaine de congé pour aller enfin prendre la température de cette ville qui m’attirait depuis quelques temps.
Quand tu arrives, tu passes la porte d’entrée de la ville, tu es à l’intérieur des remparts. Et la première boutique que tu vois s’appelle « The Grimoire Bookshop ». Tu sais que tu es au bon endroit. Tu le sens. Déambuler dans la vieille ville. Observer ses habitants. Se perdre à une autre époque sur le campement Viking. Découvrir d’anciennes techniques artisanales. Le pouvoir des mains. Celles que tu utilises toi-même tous les jours. Te laisser transporter dans cette atmosphère. Faire ton marché. Se préparer pour Ostara. Acheter une pierre. Un os d’antilope. Un vase en argile. Vous savez, je vous en ai parlé ICI et ICI. Ces choses de la terre. Qui nous ramènent les pieds sur terre. Qui nous font comprendre qu’elle est plus forte que nous. Mais qu’elle peut aussi nous donner un peu de sa force.

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J’ai visité York. J’ai aimé York.

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[Inhale, Exhale] Chronique n°8

Ça vous est déjà arrivé d’avoir besoin de quelque chose sans le savoir ?
J’avais besoin de revoir la mer, mais je ne le savais pas. Je m’en suis rendue compte en arrivant à Robin Hood’s Bay. Quand j’ai entendu les vagues se fracasser contre ce vieux pub au port. J’ai réalisé que ça m’avait manqué.
Ce qui ne devait être qu’un arrêt sur la route est devenu une parenthèse enchantée. Je suis restée assise là sur la terrasse de ce vieux pub, collée à la balustrade. Et j’ai écouté les bruits de la mer. Les vagues. Les mouettes qui se moquent. Le vent qui souffle dans tes cheveux. J’ai respiré l’air frais. L’iode. Inspirer. Expirer. Ouvrir mes sens. Et me laisser transporter.
Un couché de soleil. Un arc-en-ciel qui disparaît aussi vite qu’il est apparu. Une impression d’être au bon endroit. Même si je ne savais pas encore pourquoi.
Je n’arrivais pas à quitter cet endroit. Et j’ai réalisé que je n’avais pas à le faire. Alors Platon et moi, on est resté là. On a dormi au milieux des champs, avec la mer et les falaises en vue. Sous les étoiles qui nous protégeaient. Éclairés par la pleine lune. Grosse, ronde, lumineuse. Majestueuse. Elle jouait avec les vagues pour créer de jolis reflets sur la mer. Inspirer. Expirer. Se laisser émerveiller.
Je me suis réveillée pour une belle journée. Le printemps à fait son apparition avec un peu d’avance. Je voulais profiter de cette journée pour me reposer. Reposer mon genou qui me fait toujours souffrir. Et puis finalement, mon cœur et mes pieds m’ont transporté ailleurs. Sur ces falaises que j’avais observé la veille. Sous le soleil. Offerte aux vents de la côte. J’ai marché. Marché. Et encore marché. Puis je me suis posée pour observer tout ça calmement. Manger. Lire. Inspirer. Expirer. Ecouter la nature. La sentir.

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Profiter d’un couché de soleil. Dormir à la lisère d’une forêt. Ecouter les créatures qui l’habitent. Retour à l’état sauvage. Sans réseau. Coupée du monde. Inspirer. Expirer.
Se réveiller avant le soleil. A l’aube. Sous de belles couleurs. Il recommence à faire clair tôt, j’adore ça. Ça ré-organise mes énergies. Je me réaligne avec moi même. Je vis avec le soleil. Du coup j’ai enfilé mes chaussures de trail et je suis partie sur les sentiers.
J’ai couru au rythme du soleil qui se lève. Je l’ai vu jouer à cache-cache avec les collines. Avant qu’il ne les quitte pour rejoindre le beau ciel bleu qui l’attendait. J’ai vu tout ça. Je suis montée sur le Roseberry Topping, pour m’en rapprocher un petit peu. Inspirer. Expirer. Profiter des lumières et des sons qui s’éveillent.

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Après plus de deux mois d’interruption, je commence à retrouver mes sensations. Mon prochain challenge me fait de l’œil. L’air de rien, la Tromso n’est pas bien loin, le temps passe tellement vite.
Retrouver les sentiers me fait du bien. Je le sens déjà dans mon corps. Et dans ma tête. Il y a encore un peu de boulot avant d’être prête pour cette Skyrace, mais je recommence tout doucement à prendre plaisir à courir. Je ré-écoute mon corps. Il m’a appris tellement de choses ces derniers mois, et je l’ai abandonné depuis ma dernière course. D’ailleurs, c’est étrange, je vous écris depuis l’endroit où j’ai accompli mon premier gros challenge. Vous vous souvenez ? Je vous en ai parlé de ce premier Trail Marathon. Je suis de retour. Manchester est toujours aussi agréable. Et demain je retrouve les sentiers du Peak District. Le compte à rebours à commencé; Tromso Skyrace J-156. Je vais revoir ma Norvège tant aimée.

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* Au fait, je suis partie découvrir ces contrées dont je vous parle ici parce que je voulais découvrir York et son festival. Je vous en parle dans un prochain article 🙂 

[Sisterhood] Chronique n°7

J’ai retrouvé ma petite sœur. Le temps d’un week-end. Toujours trop court.
Jeudi après midi, on s’élance à la rencontre du Lake District. Le parc s’est annoncé de la plus belle des façons. Une route magnifique où j’aurais pu rester tout le week-end tellement c’était beau. Vous ne me croyez pas ? Regardez par vous même !

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Notre premier lac du week-end s’appelait Brotherswater, vous croyez que c’était un signe ?

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Première nuit au bord d’un lac. Ullswater. Petit dej’. Puis on s’élance pour notre première rando. Protégées par la vallée de la Glencoyne. On s’enfonce, bientôt on ne verra plus le lac. On monte. Petit à petit. La neige apparaît. D’abord timidement puis en grosses langues qui recouvrent le sentier. On fait des pauses. On est émerveillée. Je suis contente; la petite soeur trouve ça aussi beau que moi. On arrive au sommet. Dans le brouillard. Moi, j’ai fait mon deuil. Depuis que je suis ici, des sommets j’en ai pas vu beaucoup. Merci la météo anglaise. Là haut, sur le plateau, on se perd un peu… Mais ça prolonge le moment au milieu de cette nature majestueuse. Seules au milieu de nul part sans réel sentier à suivre.

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Finir la journée au coin du feu. Chocolat chaud. Dessert anglais. Et moquette à carreaux.

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Deuxième réveil dans Platon. Deuxième matin face au lac. Derwent Water. Ptit dej’. Et promenade digestive au bord du lac. Moment papote, assises sur un rocher. Tranquillement. Moment précieux.
Buttermere. Sous la pluie. On ne la fera pas longue. On préférera se réfugier dans un pub, dans un petit village sans réseau. Coupées du monde. Essayer de faire sécher nos vêtements. En vain.

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Au troisième matin, après une mauvaise nuit sous la pluie. Le soleil a tenté une percée. Et je crois que c’est notre meilleur réveil, avec la plus belle vue ! Entre lac et montagnes. Au bord du Wastwater. Protégées par le Scafell Pike. Matin de rêve. S’éveiller et s’émerveiller. Matin bonheur. Prendre le temps. Oublier la mauvaise nuit instantanément. Enfiler nos chaussures toujours mouillées et partir se promener. Profiter d’un rayon de soleil qui réchauffe le visage.
Reprendre Platon pour aller voir plus loin.
Découvrir un sentier un peu par hasard. Et tomber sur la plus belle rando du week-end.
Démarrer à travers les prairies, entourées des moutons. S’enfoncer. Encore. Entendre la montagne qui nous appelle, droit devant nous. Et puis monter. Se retourner et voir cette belle lumière dans le fond de la vallée. Une lumière qui chatouille les bords des montagnes. Entendre les craquements sous nos pas. Terre gelée. Et puis voir la neige. On dirait qu’on a presque atteint le sommet.
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